L’Italie de Berlusconi ou la République du divertissement.

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L’Italie fascine, l’Italie étonne, l’Italie attriste. Alors qu’aujourd’hui, nous fêtons les 150 ans de l’unité italienne, le pays de Dante ou de Pasolini traverse une profonde crise. Contrairement à la caricature qui sévit de l’autre côté des Alpes, l’Italie n’est pas morte, l’Italie n’est pas dirigée par un vieux pervers magnat des médias. Non, cette coalition de communes, de micro-états, de royaumes devenue nation en 1861, République en 1944 demeure emplie d’espoir et s’inscrit avec excès depuis plusieurs années dans une logique de l’apparence, une logique post-moderne qui touchera à terme toutes nos sociétés démocratiques si nous ne prenons pas conscience de cet horizon. En ce sens, la péninsule qui a connu une renaissance culturelle et économique fulgurante dans les années 50, le tragique des années de plomb, puis la déconstruction de son paysage politique apparaît comme un champ d’étude passionnant. Silvio Berlusconi est le produit de la société italienne certes mais il est l’allégorie de notre époque où règne l’apparence, le culte de la vitesse, du beau, de la superficialité. Il a su avec une grande intelligence se servir des moyens de la démocratie pour imposer à travers de multiples artifices son image et son pouvoir. Il a offert ce que le citoyen devenu consommateur rêvait. Cependant, Il Cavaliere fut battu deux fois lors des élections, depuis plusieurs mois son sort est en suspend pour de sordides histoires de moeurs tandis que sa politique s’efforce de le protéger de la justice en faisant croire à son dévouement en faveur d’une société en crise. Aujour- d’hui, elle pense enfin sa sortie de la démocratie du spectacle pour paraphraser Guy Debord. Ainsi, à travers ce dossier, nous aimerions, sans caricature, comprendre ce qui a fait le succès de Berlusconi et prendre modestement le pou de la société italienne en 2011. Depuis longtemps, je m’intéresse à l’Histoire et à l’actualité de ce pays. J’ai rencontré à plusieurs reprises des italiens et leurs regards sur  leur pays m’a toujours passionné. A travers le programme d’Anthropologie des médias, nous sommes invités à interroger le pouvoir médiatique sur la société. L’Italie et son rapport à Berlusconi devient donc un champ d’analyse particulièrement riche. Car pour nous, comment comprendre qu’un peuple marqué par tant de culture élise et aime un homme qui se complaît si souvent au ridicule.

Simon Buisson

Dossier réalisé en Licence 2 d’Histoire.

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