Après midi “thérapie” à L’UMP

“Le courage donne la force” tel sera le maître mot de l’UMP pour les mois à venir. Dévoilée à la fin d’un clip remémorant les grandes dates de l’Histoire de la France et de la droite, cette citation de Nicolas Sarkozy doit susciter un nouvel enthousiasme parmi ses soutiens. En ce samedi 28 janvier, tout le parti présidentiel et nombres de ministres sont réunis au cours de sa Convention Nationale à La Porte de Versailles, à Paris. Outre la ratification du projet et des investitures pour les élections législatives, ce rassemblement a comme objectif de rassurer des militants troublés par le difficile mois de janvier de la majorité.

Des fidèles inquiets

A écouter les personnes présentes, à se balader dans les allées, une certaine inquiétude se diffuse parmi la base du parti majoritaire. C’est lors de la traditionnelle séance de question posée aux membres dirigeants du parti, qu’elle se fait surtout sentir. Un jeune militant enflammé se saisit du micro: “je n’ai jamais connu un président socialiste, je ne veux pas que cela arrive”. Un monsieur âgé prend ensuite la parole. D’un air martial, il s’élève contre “ces socialos (qui) sont en train de nous barrer la route avec leur propagande”. Ils sont chaleureusement applaudis. Des drapeaux français flottent dans les premiers rangs, accompagnés des étendards des Jeunes Pop ou de l’UNI. Quelques “Sarko président” ou “On va gagner” seront entonnés modestement. Si le vote du budget et des investitures pour les législatives se déroulent avec succès, une atmosphère d’inquiétude en vue des échéances électorales futures se perçoit dans l’assistance. Face à l’interrogation des militants, les orateurs se succèdent à la tribune. L’inénarrable Nadine Morano exalte la foule avec sa pastiche, largement applaudie, du slogan de François Hollande: “Le renoncement c’est maintenant, la marche en arrière c’est maintenant, l’abaissement de la France c’est maintenant.” Quand au chef de la CDU, Hermann Gröhe, il se charge de porter l’amitié et le soutien de la chancelière allemande au président de la République, confirmant au passage la candidature de Nicolas Sarkozy. Puis, Bruno Lemaire vient présenter le projet du parti pour les élections de 2012. Il en appelle à la “volonté” et une nouvelle fois “au courage” avant d’énumérer les grandes propositions: la fin des 35H, la mise en place d’un code pénal des mineurs pour les moins de 12 ans. Après un court vote, le projet est ratifié à 96%.

Un accueil de rock star

Dans la salle l’impatience est à son comble. Tandis que Jean Pierre Raffarin fait durer son discours avec un appel à la mobilisation, Jean François Copé et François Fillon prépare leur entrée de rock star. Côte à côte, les frères ennemis fendent la foule sur fond de musique, rejoignant le premier rang. Débute le discours du secrétaire général de l’UMP. Ses propos ciblent les 60 propositions d’Hollande, ainsi que la personnalité du candidat. Sous de nombreux applaudissements, il rappelle les affaires locales qui ont entaché le Parti Socialiste. Il exhorte à ne pas céder à la résignation avant de s’en prendre, assez bassement, au candidat favoris des sondages. Les spectateurs rigolent aux flèches du chef qui moque ses prestations. Autre cible étrange des dirigeants de la majorité: “l’élite médiatique de Saint Germains des Près”  qui aurait déjà choisi son président… Et le maire de Meaux, ancien chiraquien, tente la comparaison entre Nicolas Sarkozy et le Jacques Chirac de 1995, rappelant la détermination dans le regard du candidat RPR alors donné battu. Vient enfin à la tribune, le très attendu Premier Ministre. François Fillon concentre son argumentaire sur les propositions d’Hollande, signe que le tempo de l’agenda politique se situe depuis quelques temps à gauche. Il défend également son bilan avant de donner son analyse sur cette campagne: “L’élection présidentielle récompensera le candidat le plus solide, et dans mon esprit, il n’y a pas de doute, l’homme que les circonstances difficiles exigent, c’est le chef de l’Etat, c’est Nicolas Sarkozy.” Une dame, ragaillardie par ces propos, confie tout de même son inquiétude face à Marine Le Pen, absente selon elle, des préoccupations.

La Marseillaise retentit. La Convention se conclut, les militants font un dernier détour aux stands pour récupérer quelques affiches, des programmes, des argumentaires. Un peu plus confiant qu’au début, tous assurent leur amitié et leur soutient au chef de l’Etat, à l’instar d’un Jean Pierre Raffarin qui souhaitait en ouverture “un bon anniversaire à Nicolas Sarkozy. Dans les moments un peu durs, l’amitié ça compte.” Des moments durs que l’UMP espèrent encore passagers.

Simon Buisson

Publié sur travellingactu.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s