L’art ne connait pas la crise ou presque…

Valeur refuge pour beaucoup, le marché de l’art ne connait pas la crise. En 2011, le produit mondial des ventes aux enchères dépassait pour la première fois les 10 milliards de dollars, soit une hausse de 21% par rapport à l’année dernière. Mais ce marché demeure à deux vitesses.

«L’art contemporain ne s’est jamais aussi bien porté» confie Frédéric Bouglé, conseiller financier spécialiste des placements d’art. « La mondialisation compense le recul des pays développés. »Il pense notamment aux acheteurs chinois. Frédéric Bouglé déplore cependant le côté patriotique de ces derniers. «Ils sont très sino-centré, ne s’intéressent qu’aux artistes chinois comme Zao Wou Ki ou au patrimoine impérial.» Un album impérial de la dynastie Qing a d’ailleurs atteint 7 86 960 millions d’euros. « C’est l’enchère phare de l’année 2012 chez Drouot »  pour Anne D’Artigue, la responsable communication.

Mais cet attrait dépend aussi des périodes et des mouvements artistiques. L’art contemporain des trente dernières années reste très dynamique avec des taux d’invendu très faibles, autour de 10 %. En comparaison, l’impressionnisme connait lui des taux à 25, 30 %. Toutefois, le débat autour de l’imposition des œuvres d’art en France a fait renoncer des acheteurs selon ce Frédéric Bouglé. «Il y a une crainte très importante. Beaucoup de clients quittent la France.»

Les ventes d’arts sont également portées par la croissance des enchères sur internet. Chez Drouot, le montant des ventes sur internet a enregistré une croissance de 300 % grâce à sa nouvelle plateforme Drouot Live. Un phénomène qui se développe, même si les grandes ventes continuent de se faire en présence de l’acheteur.

Une croissance que ne connaissent pas les artistes plus anonymes. Frank Ravel est dessinateur, peintre, ses dessins à l’encre noire sont souvent inspirés d’univers oniriques. Pour lui, « les marchands d’art sont devenus prudents et craignent l’avant garde. » Les acheteurs préfèrent eux investir dans des valeurs surs et bien côtés.

Dans cette galerie du IXe arrondissement de Paris, les acheteurs continuent d’investir dans l’art mais beaucoup demandent désormais « de payer en trois fois » comme le l’explique  Baptiste Tran, le fondateur. Sur les murs, sont exposées des oeuvres de l’artiste Zhou Gang. Dans son bureau, il reçoit une jeune artiste britannique qui réalise des photos sur l’obésité. «Les galeries font de moins en moins leur travail de soutien aux jeunes artistes. S’il n’y a pas de crise au niveau le plus noble de l’art, Picasso, Cézanne, c’est devenu très difficile pour les artistes moins connus. »

Aujourd’hui, 40 % de sa clientèle est internationale. Les gens continuent d’acheter sur des coups de cœur mais ils regardent plus précisément la valeur  de l’œuvre. Des galeries auraient même fermé, selon lui. Dans ce marché de l’art en mutation, l’Europe conserve « son autorité artistique » mais pour ce galeriste,  « il faut savoir être prudent car sinon elle va se perdre ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s