Taxis : quand la concurrence pousse à l’amélioration du service

Lumineux de taxi. Photo: Simon Buisson

Lumineux de taxi. Photo: Simon Buisson

2 mois. Face à la colère des chauffeurs de taxi, le gouvernement a décidé de geler pendant 2 mois les immatriculations des véhicules de transport avec chauffeur. Le temps que se mettent en place une médiation conduite par le député socialiste Thomas Thévenoud. Bien que grévistes la semaine dernière, beaucoup de chauffeurs cherchent des solutions pour contrer la concurrence des VTC. 

 

Arestis Aidi, taxi depuis 3 ans. Photo : Simon Buisson

Arestis Aidi, taxi depuis 3 ans. Photo : Simon Buisson

Arestis Aidi est chauffeur de taxi depuis 3 ans. Au volant de sa Peugeot break, il attend les clients en tête de file, boulevard Saint Germain à Paris. Lundi dernier, il a manifesté avant d’accepter le statu quo provisoire proposé par le gouvernement. Pour lui, la concurrence des VTC est déloyale car ils n’ont pas les mêmes obligations que lui.

Des obligations supplémentaires

Il y a en France 50 000 taxis. Les chauffeurs sont soumis à des règles strictes: être titulaire du permis de conduire depuis plus 3 ans, n’avoir aucun casier judiciaire et passer un certificat de capacité professionnelle.

Les plaques délivrées par la préfecture sont à l’origine gratuites. Mais avec un délai d’attente estimé à 17 ans, les jeunes chauffeurs de taxi préfèrent la plupart du temps acheter à prix d’or cette licence qui leur donne le droit d’exercer. A Paris, elles peuvent atteindre plus de 200 000 euros.

Les chauffeurs de VTC qui s’installent le plus souvent en auto-entrepreneurs ou sont embauchés par des grands groupes sont eux aussi soumis à plusieurs règles comme détenir un permis de plus de 3 ans, avoir été chauffeur pendant plus d’un an. On estime que 42,7 % des VTC sont d’anciens taxis. De plus, ils n’ont pas le droit de prendre un client si celui-ci n’a pas réservé. Une contrainte que les chauffeurs de taxi aimeraient voir réellement respectée.

Compteur de taxi. Photo: Simon Buisson

Compteur de taxi. Photo: Simon Buisson

Réagir 

Une fois cette nouvelle concurrence encadrée, Arestis Aidi et ses collègues espèrent pouvoir cohabiter avec les VTC comme cela se fait à l’étranger. Ils souhaitent aussi en profiter pour réagir. Lucide sur les défauts des taxis comme le manque de service à bord, Arestis Aidi compte sur la mise en place d’une charte de qualité qui prévoirait un meilleur accueil, des véhicules plus luxueux, une connexion 4G à bord, le choix de la radio, une possibilité de paiement par carte bleue.

Il dénonce « ces brebis galeuses » que sont les anciens chauffeurs, caricatures des taxis parisiens  où « ces jeunes qui ne respectent pas le client en mettant la musique à fond et roulant vite ».

Le manque de taxis

Il reconnait également le manque de taxis notamment le vendredi et le samedi soir et n’est pas contre une augmentation du nombre de licences accordées par l’Etat. A Paris, il y a 3 taxis pour 1000 habitants, contre 11 à New York. Une situation qui augmente l’essor des véhicule avec chauffeur.

En 2008, un rapport sur la libéralisation de la société française, dirigé par Jacques Attali, proposait d’augmenter le nombre de taxi. Les syndicats s’y étaient opposés et la proposition avait été enterrés. A l’époque les VTC n’étaient pas encore autorisés sur le territoire.

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Simon Buisson

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