Des noms de femmes dans la ville : c’est aussi ça lutter contre les inégalités

Station de métro Louise Michel, la seule avec un nom féminin (photo : Simon Buisson)

Station de métro Louise Michel, la seule avec un nom féminin (photo : Simon Buisson)

A l’heure de l’entrée de deux femmes aux Panthéon, la place des grandes femmes dans notre quotidien est à améliorer. Car derrière le symbole, ces présences féminines dans les villes et les livres d’Histoire pourraient permettre de lutter contre les stéréotypes.

Les deux femmes qui entreront au Panthéon seront Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle. Ainsi en a décidé François Hollande. Le but : mettre en valeur des figures féminines, longtemps occultées dans l’Histoire de France. Mais elles ne seront malgré tout que quatre dans ce temple républicain.

A l'entrée de la station de métro Louise Michel (photo: Simon Buisson)

A l’entrée de la station de métro Louise Michel (photo: Simon Buisson)

Dans les rues françaises aussi, les noms de grandes femmes de l’Histoire se font rares. Selon une étude publiée en janvier dernier par l’ONG Soroptimist, seulement 2 % des 63 500 rues françaises portent des noms féminins. A Paris par exemple, il n’y a qu’une seule station de métro qui honore une femme : la station Louise Michel sur la ligne 3.

Et la militante communarde ne figure pas parmi les femmes les plus représentées dans les villes françaises. Jeanne d’Arc arrive en tête, avec 49 rues puis viennent ensuite l’aviatrice Hélène Boucher (39 rues) ainsi que la romancière George Sand (37 rues). Alors qu’il y a en France depuis longtemps, plus de femmes que d’hommes.

Derrière le symbole, lutter contre les stéréotypes

Capture d’écran 2014-02-24 à 19.37.14Pour toutes les femmes interrogées, donner d’avantage de place à de grandes figures féminines permettrait donc de lutter contre les stéréotypes et contribuerait à renforcer l’égalité femmes-hommes. Si Françoise, rencontrée à la sortie du Métro Louise Michel ne va pas jusqu’à souhaiter débaptiser des rues, elle est sensible à voir des femmes, comme la philosophe Simone Weil, mieux représentées sur les plaques bleues. Laura elle aussi pense qu’« une plus grande visibilité contribue à améliorer leur situation de manière concrète ».

Car les inégalités persistent. A poste égal, l’écart de salaire continue à atteindre les 14,7 %. Si un homme est payé 2 200 euros par exemple, une femme n’en touchera que 1 800. La moyenne européenne de l’écart est de 16 %. De même, seulement 4 femmes sur 10 occupent des postes de cadre.

Les mairies au coeur des décisions

Rue François Dolto

Rue François Dolto à Paris

La Mairie de Paris, qui dispose depuis 2002 d’un Observatoire de l’égalité, est consciente elle aussi du manque de noms féminins et de l’impact que cela peut avoir dans l’inconscient collectif.

Christine Guillemaut, une des responsables de l’Observatoire agit pour mieux représenter les femmes dans l’espace public. Elle explique que « lire le nom de femmes au quotidien permet de se dire qu’elles existent, qu’elles ont fait quelque chose et donc de réduire un peu les comportements discriminants ».

D’ailleurs en 2013, pour la journée de la Femme, Bertrand Delanoë avait inauguré plus de 50 plaques féminines dans tout Paris. On peut désormais se rendre rue Romy Schneider ou Françoise Dolto, flâner au square Danielle Mitterrand ou se retrouver place Françoise Giroud.

Simon Buisson

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